

Cette photo a été prise lors d'un tournage dans le boisé Neilson, à Québec, pour un projet de l'organisme Jour de la Terre Québec sur la biodiversité en milieu urbain. Pour voir les capsules vidéo produites pour ce projet, rendez-vous sur le site Jourdelaterre.tv!
Je publie la lettre qui suit pour plein de raisons, oui, mais aussi parce qu'elle m'est arrivée dans un moment tout à fait approprié. N'est-ce pas aujourd'hui qu'a lieu le lancement du premier webépisode d'Écotrip : la webtélé durable, qui concerne le verdissement urbain?
On ne le dira jamais assez : il est primordial de conserver les milieux écologiques et verts dans les villes, et aussi de les multiplier!
Ce que je remarque et qui est vraiment extraordinaire, c'est que lorsqu'il y a une menace de raser les bois et boisés des villes, on voit de plus en plus des mouvements citoyens prendre forme. Parce qu'Écotrip les a déjà rencontrés pour divers projets, j'ai en tête le Comité des Arbres de Sainte-Foy/Sillery (présidé par Johanne Elsener, la dame sur la photo), à Québec. Aussi, bien sûr, je pense aux citoyens de Saint-Jean-sur-Richelieu, qui veulent à tout prix protéger leur bois Douglas. (Math est d'ailleurs en train de préparer un petit topo sur ce sujet, c'est à suivre!)
Aujourd'hui, c'est d'un milieu naturel de Saint-Alphonse-de-Granby dont on parle. À lire!
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DÉVELOPPEMENT DOMICILIAIRE À SAINT-ALPHONSE : ENTRE L'ARBRE ET L'ÉCORCE
(L'auteur a préféré garder l'anonymat.)
Depuis près de trois ans, la Municipalité de Saint-Alphonse-de-Granby redouble d’efforts pour obtenir le dézonage de terres agricoles qu’elle destine à ses projets domiciliaires. Les élus estiment que cette démarche s’avère essentielle au « développement » de Saint-Alphonse, et ce, en raison d’une pénurie de lots vacants en zone résidentielle. Au nombre des terres agricoles concernées figure un lot de 20 hectares récemment acquis par Saint-Alphonse pour y faire pousser… des maisons. Or une bonne partie de ce lot se présente sous forme de zone forestière mature. Le boisé en question possède une belle richesse végétale (feuillus et conifères de diverses essences, plantes à croissance lente, etc.). Il héberge également plusieurs pensionnaires, depuis le cerf de Virginie jusqu’à la tortue serpentine, en passant par le dindon sauvage...
Mais voilà : le boisé du lot de 20 hectares est sérieusement menacé par des projets domiciliaires. Cette situation est d’autant plus préoccupante que les espaces verts présents sur le territoire de Saint-Alphonse fondent comme neige au soleil depuis quelques années. À titre d’exemple, on remarque un déboisement important aux abords de la route 139 et de la rue Denison. En décembre 2009, la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) a refusé d’exclure le lot de 20 hectares des zones agricoles de la région. En d’autres termes, jusqu’à nouvel ordre, aucun développement domiciliaire ne peut avoir lieu sur ce terrain. Néanmoins, la préservation du boisé demeure incertaine, puisque la Municipalité en appelle de la décision de la CPTAQ en s’adressant au Tribunal administratif du Québec (TAQ).
La situation qui vient d’être décrite n’est pas sans rappeler celle vécue dans d’autres régions du Québec. Entres autres, un groupe de citoyens se bat actuellement pour la préservation du bois Douglas, à Saint-Jean-sur-Richelieu. À l’instar du contexte vécu à Saint-Alphonse-de-Granby, l’un des principaux arguments avancés par les élus concerne le « développement » de la municipalité.
Or, comme beaucoup l’auront compris, le développement d’une région ne se résume pas à des complexes domiciliaires et industriels. La qualité de vie des citoyens constitue un
atout important lorsqu’il s’agit d’assurer la pérennité financière, culturelle et sociale d’une municipalité. Et cette qualité de vie passe notamment par le développement durable. Inutile de rappeler l’importance des espaces boisés en zone urbaine ou rurale. Les hausses de températures, l’érosion des sols et la mauvaise qualité de l’air sont des problèmes qui peuvent nous rattraper jusque dans notre arrière-cour.
En tant que nouveau propriétaire d’un terrain avec zone boisée, Saint-Alphonse a le pouvoir de renverser la vapeur et d’entreprendre un projet visionnaire. Accueillir de nouveaux résidents, certes, mais pas à n’importe quel prix. Pourquoi ne pas épargner la zone boisée nouvellement acquise de sorte que les citoyens puissent profiter de ce coin de nature?