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Retour aux sources… d’une exploitation

2011-02-21 20:38
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Retour aux sources… d’une exploitation

Collaboration spéciale de Maripier Santoire-Rémillard

Recension critique de Chercher le courant, film de N. Boisclair et de A. de Gheldere, écrit pour le journal Le Couac, disponible aux kiosques Les Messageries de la Presse Internationale.

« Je dis souvent qu’il ne faut pas sous-estimer la capacité des gouvernements à se tromper. » - Autobiographie de Jean CharestAffiche du film Chercher le courant

Sur la Côte-Nord, tout près d’Havre-Saint-Pierre, coule la rivière Romaine. D’ici 2020, ce flot d’or bleu deviendra la 14e des 16 plus longues rivières du Québec à être harnachée afin d’en créer une source d’énergie supplémentaire, moyennant l’énorme somme de 10 cents par kilowatt-heure.

C’est en 2008, soit un an avant le début de la construction du barrage, que Chercher le courant et les deux citoyens qui l’initient, Nicolas Boisclair et Alexis de Gheldere, se lancent dans ce grand river trip. Accompagnés par deux membres d’Alliance Romaine, nos deux aventuriers nous font voir les recoins, encore sauvages, de notre vaste et grand pays bleu. En passant par la source de la rivière Natashquan et de la Petit-Mécatina, ils aboutiront, 46 jours plus tard, à l’embouchure même de la Romaine.

Leur périple de 500 km est agrémenté de paysages à couper le souffle et de la narration engagée de Roy Dupuis. Dès les premières minutes, les cinéastes constatent les dégâts laissés par le projet hydroélectrique de Churchill Falls, terminé en 1971 à Terre-Neuve. Ce cours d’eau, maintenant desséché sur 25 km, déversait à l’époque 1300 tonnes d’eau par seconde; il n’en produit plus que 4 à 6 tonnes/s.

Ouvertement militant, Chercher le courant met habilement en parallèle des séquences où des professionnel-le-s de divers milieux interagissent au sujet des enjeux sociaux et écologiques touchant de près ou de loin la grande bataille des rivières. Cette aventure, à laquelle on nous donne la chance d’assister, affiche une intégrité inébranlable sans jamais verser dans quelque propagande.

Les auteurs relatent plutôt les retombées, positives ou non, d’une des pages les plus importantes de notre histoire. Ils réussissent également à esquiver avec brio le piège de la dénonciation à sens unique. On nous propose une multitude de solutions de développement durable, toutes plus réalistes les unes que les autres, pour éviter qu’une industrie rapportant plusieurs milliards de dollars par année au Québec glisse dangereusement sur la pente du néo-libéralisme et prenne le virage du capitalisme sauvage.

Maîtres chez nous?

Depuis le début des années 60, la question de l’hydro-électricité a suscité plusieurs interrogations tant chez nos élites politiques que chez les populations de la Belle Province. Cinquante ans plus tard, à la lumière des conséquences de certaines de ces décisions au plan écologique et économique, nous sommes en droit d’exiger des réponses à nos questions. Avec l’émergence et l’évolution du courant de pensée environnementaliste qui prend dorénavant une place considérable dans l’espace public, Chercher le courant rappelle qu’il est primordial que chaque Québécoise et Québécois soit informé-e et possède les ressources nécessaires pour devenir décideur-e des choix qui s’offrent à nous en matière de richesses naturelles. Ce n’est pas ça, après tout, être « maîtres chez nous »?

Chercher le courant, un film de Nicolas Boisclair et  de Alexis de Gheldere des Productions Du Rapide-Blanc en salle dès maintenant.

Cliquez ici pour connaître toutes les dates de projections.

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Chaque Québécois génère en moyenne 404 kg de matières résiduelles annuellement

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