
Pour découvrir un coin de pays ou sa propre ville sans polluer, le vélo excelle. L’environnement immédiat (sons, odeurs, brise, etc.) est directement accessible. De plus, le fait de se déplacer à
bicyclette encourage les échanges avec les résidents de l’endroit visité. Ces derniers sont souvent impressionnés ou interloqués à l’approche de cyclotouristes. S’amorce alors une conversation, parfois une amitié. Ayant plusieurs voyages et des milliers de kilomètres derrière la cravate, je vous ferai part, dans ce billet, de quelques conseils.
Pour une première expérience agréable, il est recommandé de planifier de «petites» journées de vélo. Que vous alliez dans la ville voisine ou que vous planifiiez la traversée d'un continent, tentez de ne pas rouler plus de de 60 kilomètres quotidiennement. Ainsi, vous aurez le temps de visiter quelques attraits et vous sentirez vraiment en vacances. En prime, vous pourrez parer aux imprévus (généralement agréables) qui ponctuent ce genre de virées.
Profitez des premiers jours pour étudier la répartition du matos que vous trimbalez et pour en vérifier l'utilité. Un exemple (un peu extrême) : avez-vous vraiment besoin de ces trois paires de pantalons longs, en plein été?
Vous aurez besoin d’une bonne tente. Choisissez-la légère, mais pas trop : elle doit aussi être solide. Vous ne voulez pas d’un abri qui déchire
à cause d’un coup de vent un peu violent. Prévoyez aussi, entre autres choses, un matelas, un sac de couchage suffisamment chaud et quelques outils de base. Pour ce qui est des vêtements, amenez-en peu mais de différents types: courts, longs, imperméables, etc. Vous pourrez ainsi affronter les changements de température. Si vous partez pour plus de quatre ou cinq jours, songez à amener un réchaud ainsi que chaudron, assiette, ustensiles et tasse. Faire la popote en camping n’est pas toujours de tout repos, mais ça change des restaurants dont on se lasse assez rapidement. À première vue, réunir tout cet équipement peut sembler ardu. Mais c’est plus facile que ça en a l’air. Si vous avez de l’équipement de camping, vous avez déjà plus de la moitié de ce qu’il vous faut. Sinon, songez à en emprunter. Un cousin ou un ami peut certainement vous rendre ce service!
Pour transporter tout ça, vous avez le choix. Un simple porte-bagage, un sac et quelques cordes élastiques (bungee) seront suffisants pour une petite randonnée. Mais pour des trajets plus long (trois jours et plus, disons), des porte-bagages (arrière et avant) et des sacoches vous permettront une autonomie accrue et une meilleure répartition du poids. Vous pouvez aussi choisir une remorque. Je vous recommande de louer ou d'emprunter celle-ci et d'effectuer quelques «road tests» avant de vous en procurer une. Certains aiment, d'autres détestent.
Pour ce qui est du déroulement du périple, certains cyclotouristes adorent improviser. Ils ne planifient que trois choses : leur date de départ, la première région visitée et la date de retour. Cette formule convient bien aux gens flexibles qui n’ont pas peur de monter leur bivouac en pleine nature si les campings rencontrés affichent complet. Les autres préféreront prévoir un peu, surtout pour les périodes de grand achalandage. Pour ce qui est des activités, réservez au moins celles qui vous tiennent à cœur. Pour le reste, vous pourrez décider au jour le jour. Dans la mesure du possible, dénichez les cartes cyclables des régions visitées. Vous saurez quels sont les itinéraires agréables à parcourir. Une mise en garde : le tracé de la Route verte, quoique sécuritaire, fait parfois des détours par des chemins en gravier. En vélo hybride ou de route, ce n'est pas toujours la joie... Mais sachez qu’il est parfois préférable de faire quelques kilomètres de plus pour éviter une artère trop passante ou dépourvue d’accotement.
Après avoir pédalé une bonne partie de la journée, le voyageur à deux roues cherche, au minimum, deux choses : une douche et un bon endroit où dormir. Si le temps est maussade, vous voudrez peut-être dormir à l’intérieur. Que vous choisissiez une auberge de jeunesse, un motel ou un hôtel, assurez-vous que vos montures pourront être rangées à l’abri des intempéries. Pour une liste des établissements qui chouchoutent les cyclistes, visitez le site de la Route verte. Si vous n'avez pas d'abri pour votre vélo, vous pouvez néanmoins le protéger en recouvrant la selle et la transmission (pédalier, chaîne et dérailleur arrière) d’un sac de plastique ou d'une housse conçue à cet effet. Vous éviterez ainsi la rouille des pièces maîtresses de votre bécane. De leur côté, les terrains de campings sont intéressants mais font gonfler la facture pour les voyages de moyenne ou longue durée (deux semaines et plus). De plus, l’accueil qu’on y reçoit est rarement aussi plaisant que chez des amis ou des parents.
Pour dénicher de chouettes endroits où monter votre tente ou des gens prêts à vous héberger, je vous recommande le site de vélo-hospitalité www.warmshowers.org. Il faut tout d’abord s’inscrire (c’est gratuit) et offrir soi-même hospitalité à d’éventuels cyclotouristes de passage dans sa région. Ensuite, on peut avoir accès à une carte qui affiche l’emplacement des membres du réseau. On entre alors en contact avec ceux qui sont sur notre trajet afin de leur demander s’ils sont disponibles pour nous recevoir. Pas plus compliqué que cela! Les économies et les rencontres que ça permet font de ce site un allié précieux.
En terminant, je vous souhaite un bel automne, cycliste ou non.
P.S. Les liens vers des sites internet de magasins ou de fabricants de matériel ne sont fournis qu’à titre indicatif. Ils ne sont pas les seuls dans ce domaine, mais ils sont réputés. À vous de choisir.