
Un projet un peu fou est en train de s'accomplir dans le désert du Sahara. Commencé voilà déjà 5 ans, le projet Grand Muraille verte veut reboiser une bande de 15 kilomètres de large et de 7 000 kilomètres de long. Ce projet gigantesque vise à combattre la progression de la désertification tout en luttant contre la pauvreté. La bande s'étend de Dakar à Djibouti et, à sa conclusion, traverserait onze pays (Burkina Faso, Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Soudan et Tchad).
La lutte à la pauvreté se fera, entre autres, par l'embauche des villageois à proximité de la muraille pour s'assurer de son entretien. Plus que des arbres, cette bande verte serait, à terme, une bande de végétation composée également d'arbustes et de plantes au sol afin de créer une biodiversité végétale et animale. Cette biodiversité permettrait une relance de l'agriculture et de l'élevage dans les régions fortement touchés par la désertification, une amélioration du niveau de vie et de santé pour les locaux et un frein à l'exode rural.
On voit donc que le projet se veut très ambitieux. Les retombées du succès de ce projet bénéficieraient à un grand nombre de personnes et d'organisations. La communauté internationale y voit un moyen de réduire les gaz à effet de serre. Les états impliqués espèrent une hausse de leur sécurité alimentaire. Les locaux pensent à une diminution du chômage. Même les scientifiques y trouveraient leur compte : la Grande Muraille verte serait un excellent site pour effectuer des recherches multidisciplinaires.
Le projet se heurte toutefois à de nombreuses difficultés. Les moyens limités des pays impliqués, les divergences dans les moyens à utiliser et le pessimisme envers le projet sont tous des obstacles que doivent surmonter les promoteurs de ce projet impressionnant. Malgré tout, le projet continue son petit (et lent, pour le moment) chemin. Un sommet composé des dirigeants africains concernés a eu lieu le 17 juin dernier à NDjamena (Tchad) pour discuter du projet. La date du 17 juin a été choisie parce que cette journée était la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse.
La création de projets de cette envergure pourrait se multiplier dans le futur. Pour gagner la lutte aux changements climatiques, les dirigeants du monde se tournent de plus en plus vers des projets de grande envergure qui exigent énormément de ressources sans que le succès ne soit assuré. Si le projet de la Grande Muraille verte réussit, les retombées seront très importantes.
Toutefois, il faut se questionner si cette méthode est la plus efficace pour assurer un changement positif et durable. Un plus grand nombre de petits projets qui exigent peu de ressources humaines, financières ou matérielles peut avoir énormément d’impact. La Grande muraille verte est donc un projet qui sera étudié durant de nombreuses années afin d’en tirer les conclusions qui s’imposent.
Pour le moment, on ne peut que saluer l’ambition et la coopération des pays impliqués dans ce projet qui peut changer tout un continent.
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